À Nioro, le Gouverneur de Kaolack, Guédji Diouf, a présidé un atelier de sensibilisation et de renforcement de capacités destiné aux chefs de village situés le long de la frontière avec la Gambie.
Sécuriser la frontière ne relève plus des seules forces de sécurité. C’est le message du Gouverneur de Kaolack, qui veut faire des chefs de village des acteurs à part entière de la gestion des frontières.
Ce matin, les chefs de village des localités frontalières avec la Gambie ont suivi un atelier de sensibilisation et de renforcement de capacités. L’activité s’inscrit dans une initiative de la Commission nationale de gestion des frontières. Dans le cadre de sa politique en la matière, le Sénégal a créé des sous-commissions régionales. Celle de Kaolack a élaboré un plan d’action régional, dont la rencontre de ce jour constitue une étape d’exécution.
L’objectif est double : sensibiliser les chefs de village et leur expliquer leurs responsabilités dans la gestion des frontières. Un module a d’abord rappelé leurs attributions et leurs prérogatives au sein des communautés. Les chefs de village ont ensuite partagé leur expérience en matière de prévention et de gestion des conflits, ainsi que de gestion des frontières.
Les services techniques de l’État ont aussi profité de l’occasion pour renforcer la collaboration entre les Forces de défense et de sécurité, ces services et les chefs de village. Pour le Gouverneur, cela permet d’espérer que la gestion des frontières n’est plus « l’apanage de la sécurité » mais une question communautaire. Les chefs de village sont, selon lui, « les relais, ceux qui sont en premier en contact avec les événements », et ils partagent des liens « séculaires, familiaux » avec les populations de l’autre côté de la frontière.
Le déficit d’infrastructures au cœur des échanges
Interrogé sur les difficultés soulevées pendant l’atelier, notamment l’insuffisance d’infrastructures, Guédji Diouf a reconnu que les discussions ont fait ressortir un manque important d’infrastructures socio-économiques de base dans les villages frontaliers. Il a assuré que l’État « a fait beaucoup d’efforts » et poursuit ses efforts pour combler ce déficit, à travers le PUMA, le PUDC et les ministères sectoriels, qui réalisent ou ont programmé des infrastructures dans ces zones.
Sékou Diallo