BILLET – LA CHUTE DE DIANTE : QUAND LE FOULADOU REGARDE AILLEURS

Il n’est pas possible de tromper encore, toujours tromper. La formule est vieille comme la politique elle-même, mais à Kolda, on vient de lui trouver une nouvelle illustration : Mamadou Lamine Diante.

Diante, donc, au creux de la vague. Pas la petite vaguelette de la Casamance qui berce, non. La grosse vague qui écorne, qui noie.

Et avec qui se noie-t-on ? Avec le fameux Capitaine Touré. Le duo qui devait incarner le renouveau de KIIRAAY dans le Fouladou a réussi l’exploit inverse : écorner l’image même de KIIRAAY. À force de confondre l’Angleterre et la pomme de terre, ils ont fini par se noyer dans la Manche. Un exploit géographique.

En science politique de base, on apprend en première année que l’action politique a deux finalités : la conquête du pouvoir ou le maintien du statu quo. Diante, lui, a inventé la troisième voie : la conquête du ridicule et le maintien de la clameur.

Car c’est triste, vraiment triste, l’étrange sort qui est le sien. Tapez « Diante » aujourd’hui sur Facebook, TikTok, WhatsApp. Ce n’est plus un nom, c’est une clameur. Une rafale de sobriquets qui pleuvent. Le Fouladou, qui sait pourtant être indulgent avec ses fils, ne rit plus. Il ricane.

Il aurait pu, pourtant. Il aurait pu rester à Kolda. Croiser le fer, dignement, avec les gros bras du coin : Doura Baldé, Mame Boye Diao. Perdre peut-être, mais perdre avec panache, à domicile. Au moins, on aurait dit : « Il s’est battu. »

Mais non. Certain — et c’est lui qui le sait le mieux — de ne plus rien posséder politiquement à Kolda, pas même un strapontin, il a eu une idée de génie : s’inventer une virginité ailleurs. Direction l’Agropole Sud. Comme si le Fouladou était devenu trop petit pour son génie.

Résultat ? Le rejet. Cinglant. À Sédhiou, on ne l’a pas applaudi, on l’a sonorisé. À Kéréwane, on a compris que la sono était plus utile que le discours.

Et que dire de la fameuse « Coalition Dianté Family » ? Là, les réseaux sociaux ne pardonnent plus. La clameur dit — et ce n’est que la clameur, nous ne faisons que la rapporter — que jamais dans l’histoire de notre fonction publique, on n’avait vu un recrutement aussi… familial. En une seule année, le patronyme Diante serait devenu le concours le plus réussi du Sénégal, avec des profils dont les diplômes feraient rougir une pomme de terre anglaise. On en rit jaune dans les groupes WhatsApp.

Voilà la chute finale qui se dessine. Ce n’est plus Diante qui porte KIIRAAY, c’est KIIRAAY qui doit se laver de Diante.

On voulait conquérir le Sud. On a fini par s’y perdre.

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