
Sous la présidence du Ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, représenté par le Dr Cheikh Tidiane Guèye, conseiller technique chargé de la coopération, le Sénégal a procédé ce vendredi 24 avril 2026, à Dakar, au lancement officiel de la réforme de la Politique nationale de Santé communautaire. Une étape décisive pour repositionner la santé communautaire comme pilier de la Couverture Sanitaire Universelle et répondre aux défis sanitaires, sociaux et démographiques du pays.
La Politique nationale de Santé communautaire adoptée en 2013 avait permis de bâtir un dispositif solide, en organisant les Acteurs Communautaires de Santé (ACS) et en définissant un paquet de services curatifs, préventifs et promotionnels. Mais les limites étaient nombreuses : absence de statut juridique pour les ACS, faiblesse des mécanismes de motivation, ruptures fréquentes de médicaments essentiels, insuffisance de financement domestique et fragmentation institutionnelle. Dans un contexte marqué par l’urbanisation rapide, la montée des maladies chroniques, les crises humanitaires et les attentes citoyennes, les autorités sénégalaises ont jugé nécessaire de réformer en profondeur ce modèle. L’objectif est de professionnaliser les ACS, renforcer la gouvernance et l’ancrage institutionnel, améliorer la qualité et l’intégration des services, et garantir un financement pérenne. La cérémonie, organisée à Dakar, a réuni plus de 150 participants : responsables du ministère, directeurs régionaux de la santé, parlementaires, représentants des collectivités locales, partenaires techniques et financiers (OMS, UNICEF, Banque mondiale, AFD, ENABEL, JICA, etc.), ainsi que les réseaux d’acteurs communautaires et les associations professionnelles. Le Dr Ba, président du Groupe de Travail Technique composé de six experts, a rappelé le rôle central de cette équipe dans la conduite de la réflexion stratégique. Le Dr Loum, de la Cellule des Soins de Santé primaires, a présenté le rapport de réforme, mettant en lumière les grandes orientations et les résultats attendus. La représentante de la Commission Santé de l’Assemblée nationale a insisté sur la nécessité de garantir la soutenabilité budgétaire et la redevabilité, tandis que l’OMS a réaffirmé son soutien technique et institutionnel. Dans son allocution, le Dr Cheikh Tidiane Guèye, représentant le Ministre de la Santé, a souligné que cette réforme s’inscrit dans les grandes orientations nationales : la Lettre de Politique Sectorielle de Développement 2025-2029, le Plan National de Développement Sanitaire et Social, ainsi que le Référentiel Sénégal 2050. Elle répond aussi aux engagements internationaux du pays, notamment les Objectifs de Développement Durable et la Déclaration d’Astana sur les soins de santé primaires. En posant les bases d’un dispositif communautaire plus solide, équitable et durable, le Sénégal réaffirme sa volonté de faire de la santé communautaire un levier stratégique de justice sociale et de réduction des inégalités. Le succès de cette réforme dépendra désormais de la mobilisation collective et de l’appropriation par les communautés elles-mêmes.
MMS